
- 3 minutes. Le point zéro. Songes à tout ce que nous avons accompli.
Film de fin de siècle sorti en 1999, on doit Fight Club à l'américain clippeur et pubeur de génie David Fincher.
Réunissant Edward Norton, Brad Pitt et Helena Bonham Carter, le film de Fincher étonne par sa structure narrative, ses idées visuelles, sa noirceur.
Jack a une vie morne et sans intérêt. Prisonnier du monde et esclave de la société, il fait la rencontre d'un étrange vendeur de savon à la philosophie anarchiste: Tyler Durden.
Le jour où son appartement brûle, il se réfugie chez Tyler et découvre une autre façon de vivre.
Une vie en marge du système donc, dans une maison complètement délabrée, (plus de loyer à payer), sans électricité les jours de pluie, sans "possessions matérielles".
Ce qui est finalement très intéressant dans ce film, c'est le discours de Tyler Durden: Nous n'avons plus de vraie place dans une société de plus en plus déshumanisée.
Penchons nous sur une scène particulièrement importante du film. Le Fight Club est bien lancé et Tyler s'aperçoit que de nouveaux visages arrivent chaque fois.
"Je vois tout ce potentiel... et je le vois gâché. Nous n'avons pas de grande guerre, pas de grande dépression... Notre grande guerre est spirituelle. Nos grandes dépressions, c'est nos vies."
Tyler veut, à ce point du film redonner à chaque homme une vraie place, un vrai rôle dans la société.
Mais finalement à force de tout contester et de tout rejeter pour se libérer de tout, Tyler en vient à une impasse : Il veut détruire le monde actuel mais pour y parvenir, il faut s'organiser et donc travailler en équipe, ce qui renvoit aux schémas déja en place: concertations, organisation...

Finalement à la fin du film, il a crée une armée qui n'a plus visage humain. Cette société qu'il veut ramener à l'échelle de l'individu n'existe pas.
Par exemple, les hommes du projet CHAOS n'ont plus de noms, dorment et mangent en équipes en faisant les 3X8 etc...
Conclusion, pour toute entreprise, il faut une certaine organisation et préparation, ce qui amène la discussion et la collaboration et un chef au dessus qui prend la décision finale. On retombe donc toujours dans les mêmes schémas.
Fight Club se voit deux fois. C'est un des premiers films qui a lancé la mode des "twist final": une révélation qui fait reconsidérer tout le film.
Le réalisateur M. Night Shyamalan est d'ailleurs un adepte de ce procédé, l'utilisant dans tous ses films avec plus ou moins de bonheur.
Après avoir vu Fight Club donc, on se rend compte que l'unique point de vue valable et logique est celui de Marla. C'est pour cela que le film commence ainsi :
"Les flingues, les bombes, la révolution... tout ceci était lié à une fille du nom de Marla Singer."
Il y aurait tant à dire, le film étant très dense. Fincher utilise tous les procédés de la publicité qu'il connaît parfaitement pour faire passer son message: acteurs parlant à la caméra, montage dynamique, effets numériques, images subliminales...
Quoi que je puisse dire ce serait réducteur, je pense, donc j'arrête ici. Quand à vous poursuivez avec les meilleurs dialogues et citations du film.

